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Chamans 2024: semaine 3

Jour 15: Entre paysages et rencontre.

Voici la position GPS d’aujourd’hui : 51°39’52.1″N 99°24’53.1″E

« Couché à 03h30, je me réveille à 07h du matin. Je sors de ma tente pour contempler le paysage magnifique qui nous entoure.

D’un côté, une chaîne de montagnes qui culmine à plus de 2100 m d’altitude et de l’autre, près de notre bivouac, un lac recouvert de glace.

Après le petit déjeuner, nous embarquons avec nos affaires à l’arrière d’une camionnette tout terrain. Nous nous rendons chez un chaman situé à 5 km. Sur la route cabossée, nous croisons des moutons, des yaks et des vautours.

À notre arrivée, nous découvrons une petite maison en rondins de bois avec un toit en tôle. À l’intérieur, en rentrant à droite, une étagère avec différents ustensiles de cuisine devant une cheminée métallique qui sert de chauffage et de moyen de cuisson alimenté au bois et aux crottins de yaks pour purifier l’intérieur de la maison.

Face à l’entrée, un autel avec de la peau de fouine et différentes écharpes fines de couleur bleu. En guise d’offrande, nous lui donnons une bouteille de vodka, un paquet de tabac, de bonbons et des gâteaux. Il dépose le tout sur une assiette.

Le chaman doit avoir la soixantaine, il a le sens de l’humour et de l’hospitalité. Il nous offre du pain avec une crème de lait de Yak que nous goûtons à tour de rôle.

Pour ceux qui le souhaitent, autrement dit tout le monde, il va accorder une séance individuelle de chamanisme en commençant par le plus ancien du groupe jusqu’au plus jeune. Nous passons chacun notre tour.
Je vous passe les détails des différentes cérémonies. Tout ce que je peux dire, c’est que tout le monde était ravi, certains étaient bouleversés et d’autres, complètement vidés.

Nous sommes repartis vers 18h30 après avoir passé une journée complète avec le chaman. Nous continuons à travers la steppe, croisant ci et là des yaks et des chevaux. Nous trouvons enfin notre zone de bivouac autour de 21h00 après avoir parcouru 12 km. Nous sommes à deux jours de l’ethnie Tsataan. Le réseau est actuellement faible mais là-bas il sera inexistant.

L’aventure est magnifique et il est certain que d’autres événements nous attendent. »

Jour 16: Bientôt chez les Tsataan.

Nos azventuriers sont proches de leur objectif, c’est la raison pour laquelle nous n’aurons plus de mise à jour de leur position jusqu’à la phase retour.

« Le réveil se fait sous le soleil et le ciel est complètement bleu. Pas un nuage à l’horizon.

Comme tous les matins, après notre petit déjeuner. Nous préparons les chevaux et partons quasiment plein ouest. Il va faire chaud, nous partons tous en t-shirt.

Le paysage est juste extraordinaire. Nous chevauchons à travers la steppe avec une vue imprenable sur plusieurs kilomètres.

Nous traversons des collines, croisons des dizaines de lacs aussi beaux les uns que les autres. Nous traversons même des dunes. Le paysage est fou sous un soleil de plomb dont la température dépasse les 30°.

Nous avons ainsi connu les 4 saisons pendant notre expédition à cheval.

Le vent est très présent et permet de dépoussiérer nos vies d’occidentaux. Le groupe est plus serein, je sens que le temps commence à faire son œuvre et c’est loin d’être fini.

Le réseau GSM se joue de nous et à notre arrivée, il est inexistant. Nous sommes tout près d’un lac. Après avoir installé notre bivouac, nous profitons du lac pour nous laver. Cela fait un bien fou après une journée passée sous le soleil et la poussière.

Après avoir lavé quelques affaires, je me lave dans ce lac moins froid que les autres rencontrés sur nos derniers bivouacs.

Un véhicule de type UAZ s’arrête à notre campement et une personne descend pour échanger avec Jiji. Il est quasiment face à moi à environ 25 m. Moment assez drôle, heureusement que j’ai fini de me laver et bien évidemment je n’ai pas trainé pour me rhabiller.

Le cadre est majestueux. Le vent est encore très présent et le feu de bois fait beaucoup de bien et nous réchauffe le temps d’un repas.
Nous avons ainsi parcouru 31 km. Demain, nous prenons la direction des Tsataan. »

Jour 17, les Tsataan : une véritable expédition.

Nos courageux azventuriers sont très proches de leur objectif malgré parfois la pénibilité de certains obstacles à franchir pour y parvenir.

« Je me réveille une première fois vers 4h15 et j’observe l’heure d’or, peu avant la levée du soleil. Je me rendors et me réveille à 7h.

Après avoir pris un café, Niemdeva va vérifier le filet de pêche posé la veille au soir. Il y a 7 poissons à vider et à cuire au feu de bois. Après le repas, nous équipons les chevaux et prenons la route sous le soleil.

Nous partons de 1400m d’altitude pour arriver à 1650m dans un premier temps puis à 1840m. Depuis ce point, une vallée immense se dessine sous nos yeux. Nous faisons la descente à pied, ce qui fait du bien aux jambes. Au bout de la vallée, nous faisons une pause déjeuner au bord d’une rivière.

Nous repartons à travers les montagnes. En longeant la rivière à droite, d’un côté les Rocheuses, de l’autre une montagne couverte d’arbres et arbustes. Nous longeons de près la rivière et marchons dans les arbustes.

Les pattes arrière du cheval de Fabien glisse sur un rocher, le train arrière se retrouve à terre, il a failli tomber mais le cheval se relève rapidement.

Nous devons à présent franchir une rivière, le cheval d’Alexandre B veut absolument passer devant, le rebord est haut, le cheval descend, trébuche dans l’eau faisant descendre en douceur Alexandre. Une fois de l’autre côté, nos chevaux ne voulaient plus suivre. Alexandre est excédé, il exprime sa colère et s’excuse après. Il n’en peut plus d’être à cheval.

Après un instant, nous les obligeons à franchir la rivière. Nous traversons une vallée sur 2km en contournant une montagne d’une altitude de 2300 m d’altitude recouverte d’un manteau d’arbres qui ressemble à des sapins. Là commence un long chemin marécageux.

Le trajet est éprouvant pour les chevaux et l’équipe ce qui requiert beaucoup de concentration. Mon cheval se retrouve quasiment ventre à terre tellement le terrain est marécageux. Il fait le maximum pour que je ne tombe pas. Ce chemin de croix aura duré sur environ 4km qui semblaient interminables. Au bout d’un moment, nous observons de loin des tipis. Nous y sommes.

Après 8 jours d’expédition à cheval, 212 km, nous voilà enfin arrivés chez l’ethnie Tsataan. »

Jour 18: L’arrivée chez les Tsaatan.

Bonjour à tous,

Nos azventuriers sont enfin parvenus jusqu’aux Tsaatan après un certain nombre d’épisodes tumultueux. Leur chemin de reconstruction peut se poursuivre.

« Nous sommes à une altitude moyenne de 1830m. Sur cette vallée, nous pouvons apercevoir environ 20 tipis, une cinquantaine de personnes vivent dans ce campement et pas moins d’une centaine de rennes.

Contrairement à ce qu’on voit à la TV, les rennes dominants et les adultes sont attachés à un piquet de telle sorte qu’ils ne puissent pas se lever. Cela évite entre autres au reste du troupeau de partir du campement. Les faons sont en liberté.

Comme tous les jours, à l’arrivée de notre bivouac, j’allume le tracker GPS fourni par PHOTOSPACE France pour indiquer notre position. Ainsi, les familles savent où nous sommes ainsi que Christophe de la DCSD.

Nichés au bout du monde, au milieu de nulle part, ils vivent hors du temps.

Parmi les Tsataan, il y a deux groupes ethniques : Les Zuun(Gauche)taiga et les Baruun(droite)taiga. Ici nous sommes parmi les Zuun taïga. Les Tsataan changent de campement à chaque saison. Ils partent dans 2 jours pour le campement d’hiver.

Nous entrons dans un Tipi pour rencontrer le couple qui va nous prêter leur Habitat qui pourra accueillir jusqu’à 3 personnes. On nous offre du lait chaud de Rennes, des sortes de beignets et bonbons. Sébastian et Gwenaël vont dormir dans le tipi. Le reste du groupe sous leurs tentes respectives. »

Jour 19: Day Off.

Bonjour à tous,

Nos azventuriers sont arrivés au campement Tsaatan. Ils vivent une première journée bien méritée au calme complet.

« Je me réveille naturellement à 04h13 du matin. Une lumière rougeâtre forme un projecteur au dessus des montagnes dont le point le plus haut culmine à 3000m, plein Est face à moi.

Sur les parois de la tente, une fine couche de glace s’est formée. À l’extérieur, il fait froid, mais sous mon duvet il fait bon.

Un petit renne commence à téter un des systèmes d’accroche de ma tente. Avec ses sabots, il peut également taper dessus et potentiellement la déchirer, alors je l’éloigne en tapant à l’intérieur de ma tente. Il se dirige vers la tente de Fabien qui s’énerve et l’éloigne. Puis il tape avec sa tête sous le tipi de Gwen et Sébastian. Ses coups atterrissent pile sur la tête de Gwenaël qui nous en fait part plus tard autour d’un café. Il termine sur la tente d’Alexandre D.

Le spectacle à cette heure est tout simplement magnifique. Les couleurs sont belles. Les faons gambadent déjà dans le camp. Autour de 04h30, les éleveurs emmènent les Rennes un peu plus loin pour qu’ils puissent manger et s’abreuver. Je reste ainsi jusqu’à 05h à observer ce cadeau de la vie d’un monde qui se réveille à peine.

Je finis par me rendormir pour me lever à 09h30, j’avais besoin de sommeil. Entre temps, nous avons pu entendre les loups dans les bois sur le flanc Est de notre position. Il y a également des ours dans cette forêt que nous n’avons pas encore aperçu. Le groupe prend son café et je les rejoins. La journée off va nous faire un bien fou. »

Jour 20, Retour et chevauchée sauvage.

Bonjour à tous,

Les azventuriers ont profité de leur journée au campement pour se reposer et se préparent déjà à reprendre la route.

« Nous avons rdv à 07h30 devant la tente de Jiji pour le café.

Les 2/3 des Tsataan ont déjà plié bagages pour partir vers leur camp d’été. Entre 4 et 5h, tous les chiens du camp se mettent à aboyer, comme ci un danger rôdait dans les parages. A priori ce sont des loups qui doivent être à proximité, attirés par les rennes.

Nous partons vers 10h30, en commençant par les marécages, le parcours s’étale sur 8 km. Cette étape franchie, nous nous arrêtons près d’une rivière pour abreuver les chevaux et boire par la même occasion.

Une heure plus tard, je commets une erreur en voulant mettre de l’eau dans mon chapeau afin de me rafraichir sous ce soleil de plomb. Mon chapeau fait peur à mon cheval et il fait demi-tour subitement pour partir au galop. J’ai à peine le temps de tenir les rennes par les deux mains que mon cheval m’éjecte violemment. Le choc au sol a été amorti par ma fesse droite qui me fait un mal de chien. J’attends quelques secondes pour évaluer la situation physiquement.

Rien de cassé, fort heureusement. Le cheval fait demi-tour et continue sa course folle en direction du groupe. Il fait ainsi deux aller-retour avant de retrouver son calme. Je me relève tranquillement tandis que Gwen vient me retrouver pour apporter son aide. Il me désinfecte la plaie et me donne quelques cachets contre les courbatures certainement à venir. Tandis que ma fesse droite présente déjà un énorme hématome, j’ai du mal à plier l’annulaire de la main droite et j’ai également quelques écorchures sous le coude droit. La selle quant à elle s’est retrouvée au sol, les sangles sont cassées. Nous en profitons pour faire une pause le temps d’un repas et la faire réparer par Soumeh. »

Jour 21: Remerciements.

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